Portrait | Retrato

C’est surtout des gros bonnets et des influents qu’il aime parler […]. Il repart maintenant vers le Mass., enflé de vanité, pour rassembler plus de dolas, acquérir des propiétés, déplacer les pauvres, rivaliser avec les puissants, les fasciner, ériger une maison « moderne » qui assassine le caractère de son village. C’est le type de pauvre qui est né pour être riche, ou du riche qui est né pauvre par erreur, du médiocre qui aspire à commander. Il doit être président ou secrétaire d’un quelconque club ou association coloniale, où les escrocs encartés regroupent les benêts pour mieux leur parler de Camões, qu’ils n’ont jamais lu, et leur pomper leurs dollars. Paysan cupide, furtif et chicaneur, il est l’opposé du rural bucolique de la légende : ses yeux experts pèsent la nature entière en termes d’inventaire et de répartitions, son âme est faite de bouts de terre, de parcelles. C’est de cette pâte que sont issus depuis des siècles les docteurs de la loi, dont la culture coimbrienne pénètre, à travers le Pouvoir, l’influence, la soumission et la flagornerie, et au rythme du Fado gargarisé, la vie et la culture portugaise, la réduisant à l’état dans lequel nous la voyons aujourd’hui dans tous les domaines.

**************************************************

É sobretudo dos graúdos e influentes que ele gosta de falar […]. Volta agora para o Mass., impante, a juntar mais dolas para comprar mais terras, arredondar prupiadades, deslocar os pobres, rivalizar com os poderosos, fasciná-los, erguer uma casa “moderna” que assassine o carácter da sua aldeia. É o tipo do pobre que nasceu para ser rico, ou do rico que nasceu pobre por engano; do medíocre que aspira a mandar. Deve ser presidente ou secretário de algum clube ou sociedade colonial, onde os trampolineiros encartados arrebanham os pategos para melhor lhes falarem de Camões, que nunca leram, e lhes chuparem os dólares. Campónio ganancioso, furtivo e chicaneiro, é o oposto do rural bucólico da lenda: os seus olhos de louvado pesam a natureza inteira em termos de inventário e partilhas, a sua alma é feita de retalhos de bens, de courelas. É desta massa que se fazem há séculos os doutores de leis, cuja cultura coimbrã tem permeado, através do Poder, da influência, da submissão e da louvaminha, e a compasso do Fado gargarejado, a vida e a cultura portuguesa, reduzindo-a ao estado em que hoje a vemos em todos os sectores.

(José Rodrigues Miguéis. Gente da terceira classe)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :