Os homens da Seara Nova | Les hommes de Seara Nova

15 avril 2016

Os homens d’A Sementeira não eram um partido nem queriam governar: mas esclarecer, inspirar, agitar problemas e indicar soluções. Embebidos de crítica histórica, e com tendências socializantes, preconizavam a reforma da educação e da mentalidade, acreditavam no advento da Razão, na eficácia das ideias puras, na transformação das coisas pelo espírito, no mérito pedagógico da pregação e da polémica, e tinham vocação da renúncia, o desprezo da hipocrisia, do empirismo e videirismo da existência nacional. Entre o « marasmo parlamentar » e a « agitação endémica das ruas », procuravam o meio-termo, a estrada lisa da persuasão, que levaria a uma política técnica e racional; em que os interesses privados, os caprichos e flutuações humorais dos homens não influíssem perniciosamente. Fiéis às liberdades cívicas, tinham da politicagem o mesmo horror que os seus maiores da Grande Geração nutriam pelo Constitucionalismo decadente: mas, se aqueles haviam feito sobretudo literatura, sátira e especulação, e derivado mesmo para a Autoridade, os iluminados d’A Sementeira intentavam refazer o regime, dentro do quadro nacional e actual, a golpes de doutrinação, sugerindo reformas concretas na educação, na economia, nos costumes e nas instituições democráticas. […] Tudo assim neles o fascinava: desejou actuar, como eles, ao sopro casto das intenções impessoais, desinteressadas. Combater no terreno das ideias era também, afinal, a maneira de evadir com elegância os seus próprios problemas.

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Les hommes d’A Sementeira ne formaient pas un parti et ne voulaient pas gouverner : mais éclairer, inspirer, discuter les problèmes et indiquer des solutions. Imprégnés de critique historique, et avec des tendances socialisantes, ils préconisaient la réforme de l’éducation et des mentalités, ils croyaient à l’avènement de la Raison, à l’efficacité des idées pures, à la transformation des choses par l’esprit, au mérite pédagogique de la propagande et de la polémique, et ils avaient la vocation du renoncement, le mépris de l’hypocrisie, de l’empirisme et de l’arrivisme de l’existence nationale. Entre le « marasme parlementaire » et « l’agitation endémique des rues », ils cherchaient le juste-milieu, le chemin sans aspérités de la persuasion, qui mènerait à une politique technique et rationnelle, où les intérêts privés, les caprices et les fluctuations d’humeur des hommes n’influeraient pas pernicieusement. Fidèles aux libertés civiques, ils avaient de la politicaille la même horreur que celle que leurs ancêtres de la Grande Génération nourrissaient à l’encontre du Constitutionnalisme décadent : mais si ces derniers avaient surtout fait de la littérature, de la satire et de la spéculation, et avaient dérivé vers l’Autorité, les illuminés d’A Sementaira essayaient de réparer le régime, à l’intérieur du cadre national actuel, à coup d’endoctrinement, en suggérant des réformes concrètes dans l’éducation, l’économie, les coutumes et les institutions démocratiques. […] Ainsi, tout en eux le fascinait : il voulut agir, comme eux, porté par le souffle chaste des intentions impersonnelles, désintéressées. Combattre sur le terrain des idées était aussi, finalement, la manière d’échapper avec élégance à ses propres problèmes.

(JRM, Idealista no mundo real)

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José Rodrigues Migueis: um homem do povo na história da República

26 octobre 2011

Extrait du documentaire TV réalisé par Diana Andringa en 1998 sur la vie et l’oeuvre de José Rodrigues Miguéis.

 


L’identité nationale portugaise vue à travers ‘O Milagre Segundo Salomé’ de José Rodrigues Miguéis

26 octobre 2003

milagre2Bien qu’ayant acquis la nationalité américaine et passé près de la moitié de sa vie aux Etats-Unis, José Rodrigues Miguéis (1901-1980) s’est toujours défini comme Portugais et a continué à écrire dans sa langue natale. Il s’est souvent plaint du peu de cas que le Portugal a fait de son œuvre et a beaucoup souffert de son exil volontaire , qui, comme tout exil, l’a amené à se confronter à la problématique identitaire, et, par la même occasion, à questionner l’identité nationale portugaise.
C’est ce qu’il fait en particulier dans O Milagre Segundo Salomé, long roman où la nation, objet de conversations, d’inquiétudes, de stratégies, et parfois de théorisation, est le personnage collectif dont on parle le plus.
Miguéis est né au début du XXè siècle, en pleine période d’agitation politique au Portugal : la monarchie laisse la place à une République qui ne tiendra que quelques années, années qui se révèleront primordiales pour les destins du Portugal et de l’écrivain. O Milagre Segundo Salomé retrace cette époque où le Portugal prend des chemins qui mèneront finalement à la dictature.
A travers le parcours du personnage principal, Salomé, successivement paysanne, employée de maison, prostituée, déesse de l’amour, sainte, et, finalement, simple femme, Miguéis pose à la fois le problème de la construction de l’identité de l’individu et de celle de la nation. Allant parfois jusqu’à l’essai politique, il réunit tous les ingrédients et acteurs qui participent à la construction de l’identité nationale portugaise du début du XXè siècle, en faisant une des principales thématiques du roman.

Par Georges da Costa

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Rédigé en 2003 et publié dans la revue Latitudes