Décalages – Vie et œuvre de José Rodrigues Miguéis

4 juillet 2014

Colloque international | 13-14 novembre 2014 | Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 | Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France | Maison du Portugal

Site internet : Décalages | Incoincidências

Affiche

Affiche

Lorsqu’il quitte le Portugal pour les États-Unis en 1935, José Rodrigues Miguéis (1901-1980) est un écrivain prometteur et un journaliste et militant politique reconnu, ancien membre du groupe Seara Nova, maintenant proche des communistes. A New-York, il poursuit ses activités militantes durant une dizaine d’années puis, après une grave maladie et une tentative infructueuse de retour définitif au Portugal, il finit par se consacrer pleinement à l’écriture.
La majeure partie de son œuvre ne sera publiée en volume qu’à partir de 1958, à près de soixante ans, si bien que l’écrivain exilé se retrouve en décalage avec le Portugal (ses lecteurs, la société et la dictature en vigueur), mais aussi avec la vision du monde ayant présidé à l’écriture d’une grande partie de ses écrits inédits.
C’est dans le cadre de ce parcours biobibliographique particulier que les communicants s’intéresseront à l’œuvre fictionnelle et non fictionnelle migueisienne.

Alors que son œuvre est de plus en plus étudiée au Portugal, aux USA et au Brésil, ce premier colloque consacré à José Rodrigues Miguéis en France sera l’occasion de mieux faire connaître cette grande figure méconnue de l’histoire culturelle portugaise du XXe siècle.

Langues de travail : français et portugais.

Organisation : Centre de recherche sur les pays lusophones (CREPAL) – Université Sorbonne Nouvelle Paris 3. Avec le soutien de : Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France ; Maison du Portugal ; Équipe de Recherche sur les Littératures, les Imaginaires et les Sociétés (ERLIS) – Université de Caen.

Comité d’organisation : Georges Da Costa, Université de Caen Basse-Normandie ; Catherine Dumas, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Agnès Levécot, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Catarina Pereira, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Ana Rocha, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3.

Comité scientifique : Onésimo Almeida, Professeur, Brown University ; Georges Da Costa, Maître de conférences, Université de Caen Basse-Normandie ; Catherine Dumas, Professeur, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Maria de Fátima Marinho, Professora catedrática, Universidade do Porto.

Contact : Georges da Costa

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Incoincidências – Vida e obra de José Rodrigues Miguéis

4 juillet 2014

Colóquio internacional | 13-14 de novembro de 2014 | Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 | Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France | Maison du Portugal

Programa : Décalages | Incoincidências

Cartaz

Cartaz

Na altura em que deixa Portugal para os Estados-Unidos em 1935, José Rodrigues Miguéis (1901-1980) já é um escritor de destaque, um jornalista e militante político reconhecido, antigo membro do grupo Seara Nova, então ligado aos comunistas. Em Nova Iorque, prossegue nas suas atividades militantes durante uma dezena de anos e, depois de uma doença grave e de uma tentativa falhada de regresso a Portugal, acaba por dedicar-se por completo à escrita.
A maior parte da sua obra acaba por ser publicada apenas em 1958, quando o escritor entra na casa dos sessenta. Daí o escritor exilado se encontrar em desfasamento com Portugal (seus leitores, a sociedade e a ditadura vigente), mas também com a visão do mundo que caracteriza a maior parte dos seus escritos inéditos.
Será a partir deste enquadramento biobibliográfico peculiar que os palestrantes deverão debruçar-se sobre a obra ficcional e não ficcional de José Rodrigues Miguéis.

Linguas de trabalho: francês e português.

Organização: Centre de recherche sur les pays lusophones (CREPAL) – Université Sorbonne Nouvelle Paris 3. Com o apoio de : Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France ; Maison du Portugal ; Équipe de Recherche sur les Littératures, les Imaginaires et les Sociétés (ERLIS) – Université de Caen.

Comissão Organizadora: Georges Da Costa, Université de Caen Basse-Normandie ; Catherine Dumas, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Agnès Levécot, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Catarina Pereira, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Ana Rocha, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3.

Comissão Científica: Onésimo Almeida, Professeur, Brown University ; Georges Da Costa, Maître de conférences, Université de Caen Basse-Normandie ; Catherine Dumas, Professeur, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 ; Maria de Fátima Marinho, Professora catedrática, Universidade do Porto.

Contacto : Georges da Costa


Jeux de genres dans l’oeuvre de l’écrivain-journaliste José Rodrigues Miguéis

12 décembre 2013

Communication réalisée par Georges da Costa lors de la Journée d’études organisée par PILAR (Presse, Imprimés, Lecture dans l’Aire Romane) le 19 octobre 2013 au Colegio de España (Paris).

Résumé : La vie eespelhot la production littéraire et journalistique de José Rodrigues Miguéis (1901-1980) sont intimement liées. Le contexte historique dans lequel il a vécu la première partie de sa vie est primordial : la 1ère République portugaise (proclamée en 1908), fragile et agitée, débouchera, après un coup d’état militaire en 1926, sur la constitution de l’Estado Novo en 1933 et l’instauration durable de la dictature salazariste. Ce contexte sera déterminant dans les choix opérés par Miguéis, qui opte pour l’exil aux USA en 1935.
On observera une constante interrogation de sa part quant à la posture  à adopter  face à cette situation. En 1942, il écrit ainsi : « dans un monde moins problématique que le nôtre, j’aurais été écrivain » . Le fait est que le monde dans lequel a vécu Miguéis était problématique, aussi, pendant de longues années, il va « placer l’homme, les hommes, au-dessus de la littérature »  : la littérature apparaît alors soit comme sa mission première , soit comme un choix par défaut, ersatz du militantisme et du journalisme .  On retrouve cette tension dans l’œuvre migueisienne publiée en volume (6 romans, 2 longues nouvelles, 4 recueils de contes et nouvelles, 1 récit autobiographique, 3 recueils de chroniques et essais, 1 recueil de fragments aphoristiques, et 1 pièce de théâtre), que l’on peut définir comme la résultante de deux modes d’écriture qui se sont succédés et/ou  superposés au long de la vie de l’écrivain : un premier mode basé sur un engagement éthique et politique au service d’un idéal de société plus juste, où la littérature, à l’instar du journalisme, est conçue comme un outil pédagogique d’action sur le réel ; et un second, plutôt basé sur le doute et la liberté de l’artiste, où Miguéis met en récit et en question(s) la complexité du monde et de la réalité.
Je m’intéresserai ici aux écrits de José Rodrigues Miguéis publiés en volume sous l’angle de leur rapport au journalisme. Je les étudierai dans le cadre de ce mode d’écriture engagé où le conteur d’histoires qu’est Miguéis laisse régulièrement la place au journaliste militant et à l’essayiste, convaincu du pouvoir des mots et de la raison à dévoiler la vérité, à montrer et à transformer le réel.
Dans un premier temps, je me pencherai sur la particularité du mode de publication migueisien. Malgré de longues années sans publication en volume , José Rodrigues Miguéis n’a jamais cessé d’écrire dans des périodiques : des textes au statut générique établi (romans-feuilletons, contes…) ou au statut plus flou (nouvelles, chroniques, réflexions…) seront, parfois des dizaines d’années plus tard, rassemblés et édités ensemble pour le cas des romans-feuilletons, ou intégrés soit dans un recueil fictionnel de contes et nouvelles, soit dans un recueil de chroniques et/ou essais.
Les récits fictionnels migueisiens (contes, nouvelles et romans) donnent régulièrement la parole, en bons instruments polyphoniques, à des points de vue et autres discours à prétention référentielle. Parfois très longues, ces insertions tendent à s’éloigner du domaine de la fiction et à revendiquer soit un statut générique plus « objectif », donnant l’impression au lecteur de lire non pas une fiction mais un reportage, un essai, un compte-rendu, soit un statut plus « subjectif », avec des récits hybrides que l’on pourrait qualifier de chroniques, journaux de bord ou mémoires. La dimension autobiographique de l’œuvre fictionnelle migueisienne alliée à cette prétention à la référentialité donnent toute sa force à un pacte de lecture basé sur la sincérité de l’expérience vécue.
Nous verrons alors, dans un second temps, comment ce pacte de lecture s’insère dans une stratégie éthique de dénonciation des mensonges et autres hypocrisies des discours dominants (satire, pastiche), stratégie où le discours journalistique peut servir d’outil ou, à l’inverse, de cible.


La question autobiographique posée par José Rodrigues Miguéis dans Um homem sorri à morte – com meia cara

12 décembre 2013

Communication réalisée par Georges da Costa lors de la Journée d’études organisée par le Centre de Recherches sur les Pays Lusophones (CREPAL) le 28 juin 2013 à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.

homem_sorri_morteRésumé: La dimension autobiographique de l’oeuvre fictionnelle de José Rodrigues Miguéis (1901-1980) a été largement relevée par les critiques : Eduardo Lourenço, par exemple, affirme que « tout ce qui compte dans l’œuvre de Rodrigues Miguéis est intensément et obsessivement autobiographique ». On pourrait en effet lire une grande partie de la fiction migueisienne comme une autobiographie à peine transposée, tant la vie et les souvenirs de l’écrivain imprègnent ses fictions, tant l’auteur et ses différents narrateurs représentent souvent les deux faces d’une même pièce. En recousant fictionnellement le fil rompu d’un espace-temps fondateur, Miguéis, exilé aux Etats-Unis la majeure partie de sa vie, compose une œuvre fictionnelle qui met en question(s) la relation entre autobiographie et fiction et donc celle du lecteur avec le texte. Ce sont ces questions que je vais aborder ici et que pose particulièrement Um Homem Sorri à Morte – com Meia Cara.
Miguéis est surtout connu pour ses contes et nouvelles, notamment le recueil Léah e Outras Histórias, qui obtint en 1959 le premier Prix Camilo Castelo Branco. Parmi ses textes plus méconnus mais pourtant souvent cités et loués par les exégètes migueisiens, on trouve Um Homem Sorri à Morte – com Meia Cara, qualifié d’« extraordinaire » par A. J. Saraiva et Ó. Lopes et de « chef d’œuvre » par Jorge de Sena. Originellement publié en feuilleton dans le Diário de Lisboa en 1958, puis édité en volume en 1959, ce récit est actuellement présenté par l’éditeur sous l’étiquette générique de « récit autobiographique » : il s’agit en effet du récit de deux séjours de Miguéis dans les hôpitaux de New York, dont l’un paralysa l’écrivain sur la moitié du corps et faillit lui coûter la vie. Je diviserai mon intervention en deux parties : je débuterai par une étude générique afin de tenter de cerner dans quelle(s) catégorie(s) de l’autobiographie situer ce récit, puis je m’intéresserai ensuite à la manière dont il traduit la relation intime liant autobiographie et fiction. J’espère ainsi montrer en quoi Um Homem Sorri à Morte – com Meia Cara occupe une place très particulière dans l’œuvre migueisienne.